Manifestation du 11 décembre 2025

La délégation du corps académique exprime son soutien à la manifestation de défense des universités qui défilera jeudi prochain 11 décembre de la VUB à la place du Luxembourg.

Il s’agira de protester contre les coupes budgétaires et les réformes qui menacent les conditions d’enseignement et de recherche et les carrières académiques.

La délégation y sera représentée et vous propose de se joindre à elle, derrière la banderole de l’ULB.

Rejoignez-nous à 12h sur le campus de la Plaine/VUB devant le bâtiment Braem. Le cortège partira à 12h15.

Vous pouvez également sensibiliser nos étudiantes et étudiants aux enjeux des réformes en cours et en utilisant le modèle de message ci-dessous :

Bonjour à toutes et à tous,

Une manifestation de soutien aux universités partira jeudi prochain à 12h du campus de la Plaine VUB pour rejoindre la place du Luxembourg.

Les réformes décidées par les différents niveaux de pouvoir concernent toute la société et les services publics.

Les universités ne sont pas épargnées.

Réduire leurs financements des universités conduirait à dégrader les conditions de vie des étudiantes.es (taux d’encadrement, frais d’inscription) et à dissuader les jeunes chercheuses et chercheurs de s’engager dans une carrière scientifique.

Nous pouvons être fiers de nos universités. Le maintien de leur qualité nécessite de les financer correctement.

Bien à vous,

Liste interfacultaire et indépendante du corps académique

Programme 2026-2027

Chères et chers membres du Corps académique,

Les élections représentatives de l’ULB se tiendront les lundi 8, mardi 9, mercredi 10 et jeudi 11 décembre 2025.

Le vote est organisé électroniquement à distance.

Nous sommes 21 membres du corps académique à nous porter candidat.e.s pour vous représenter au sein des instances centrales de l’Université, notamment l’Assemblée Plénière, le Conseil d’Administration et le Conseil Académique.

Notre ambition est de défendre les intérêts de notre institution en général, en écoutant et respectant les besoins et les spécificités de nos collègues, en particulier ceux du corps académique dans son ensemble.

Les missions, enjeux et défis auxquels nous sommes toutes et tous confrontés sont nombreux et complexes alors que les ressources dont nous disposons sont limitées.

Nous nous engageons à vous représenter collectivement, dans un esprit d’indépendance, de liberté et de transparence.

Vous trouverez ci-après un document qui reprend brièvement nos valeurs et les dossiers auxquels nous serons particulièrement attentifs ou que nous mettrons à l’ordre du jour.

Le point sur le dossier pensions pour la rentrée,

Bonjour à toutes et à tous, 

A l’approche de la rentrée, nous souhaitons vous informer sur l’état d’avancement du dossier des pensions, auquel nous continuons de travailler avec le collectif Unifra

Accord de l’été 

Si l’accord de l’été intègre un paquet global d’harmonisation des régimes spéciaux, il ne concerne pas les pensions des académiques. Il prévoit une clause de rendez-vous, ce qui pourrait permettre de prendre en compte l’avis des experts et du conseil d’État. 

Nous pouvons donc encore espérer influencer les mesures qui nous concerneront. 

Rencontres avec des responsables politiques 

Nous cherchons à rencontrer des responsables de tous les partis, en particulier ceux qui participent au gouvernement. 

Nous avons rencontré des responsables des Engagés, du MR et du PS. Avec nos collègues flamands, nous avons rencontré le cabinet du ministre des Pensions et des représentants de Vooruit

Lors de chaque rencontre, nous avons pu présenter les conclusions de la note UNIFRA sur l’effet de la réforme sur nos pensions et insisté sur le rôle déterminant des universités dans la prospérité du pays. 

Voilà ce que nous pouvons communiquer à ce stade.  

Rencontre au cabinet du ministre des pensions 

• Le cabinet souhaite maintenir la réforme telle qu’elle est décrite dans la note du gouvernement. 

• La seule option possible pour réduire l’impact de la réforme serait la mise en place d’un second pilier. 

• Ce second pilier serait mis en place lorsque la pension du premier pilier des fonctionnaires arrivera au niveau de celle des salariés. C’est un point d’attention : notre note souligne que la réforme affectera les pensions académiques dès son entrée en vigueur. En outre, la comparaison avec les salariés du privé doit prendre en compte le second pilier dont ils bénéficient, à profil équivalent. 

• Le cabinet argue que chaque région doit avoir la liberté de définir sa politique en termes d’attractivité de ses universités et que le financement d’un second pilier par le fédéral serait anticonstitutionnel. 

Rencontre avec Vooruit 

• Vooruit semble convaincu de l’importance des universités et de leur attractivité pour les académiques. 

• Ils sont préoccupés par l’impact des réformes sur les professeurs d’université mais aussi sur d’autres catégories de fonctionnaires plus fragiles. 

• L’effet du malus a été mentionné explicitement. Cet effet conduirait plusieurs catégories de fonctionnaires qui partiraient plus tôt à la retraite à être impactées à plus de 20%. Nous avons rappelé que notre simulateur fait l’hypothèse d’une carrière complète jusqu’à 67 ans. Comme tous les autres fonctionnaires, les professeurs seront soumis à l’effet du malus s’ils partaient plus tôt à la retraite et cet effet s’ajouterait à l’impact estimé dans la note.  

• Le second pilier semble être l’option la plus plausible. Nous avons plaidé pour une mise en place immédiate et un financement (partiel) par le fédéral. L’ordre de grandeur du budget nécessaire à ce cofinancement nous semble raisonnable face au budget de la sécurité sociale.  

Au terme de ces deux rencontres, il nous semble important de rappeler que : 

• Il n’est pas correct de prétendre que la réforme va réduire de 140 euros la pension des professeurs gagnant plus de 8300 euros par mois. D’une part, plus aucun professeur n’atteindra le plafond Wijninckx quelques années après la mise en place de la réforme. D’autre part, l’effet de la suppression des tantièmes spécifiques et de l’allongement de la carrière de référence sur la réduction des pensions va bien au-delà de l’effet de la désindexation. On parle de 20-30 % de réduction en moyenne avec 39% pour des situations extrêmes. Par ailleurs, la désindexation pourrait réduire de 10 % la pension de certains collègues. 

• Comme pour les autres fonctionnaires, l’impact du malus s’ajoute à cet impact. Les chiffres d’impact mentionnés dans notre note sont estimés dans l’hypothèse d’une carrière complète. Un professeur qui prendrait sa retraite avant 67 ans serait également affecté par le malus. 

• Nos chiffres de 20-30 % de réduction en moyenne ne sont pas dus à un maintien de la désindexation sur plusieurs législatures, mais sur une seule législature. Il a été important d’insister à nouveau que nos simulations sont faites dans l’hypothèse d’une désindexation du plafond pendant une seule législature. Les réductions moyenne de la pension de 20-30 % sont essentiellement causées par les effets cumulés de la réduction des tantièmes et de l’allongement de la carrière de référence.  

• A ce stade, il n’y a aucun plan clair de mise en place d’un second pilier, en particulier, cofinancé par le fédéral. Nous nous battons toujours pour que ce second pilier soit mis en place immédiatement et en partie financé par le fédéral.  

Avec nos collègues flamands, nous continuons nos rencontres avec le monde politique. Nous aurons bientôt rendez-vous avec le cabinet du ministre des finances Vincent Van Peteghem (CD&V) et le cabinet du ministre de l’emploi, l’économie et l’agriculture, David Clarinval (MR). 

Nous devons étudier toutes les options pour être entendus. 

Nous continuerons de vous tenir informés. 

Bien cordialement, 

La délégation du corps académique de l’ULB 

ACTIONS UNIFRA: le point

Nous partageons avec vous le message envoyé par Unifra, le collectif inter-universités qui a fait circuler la carte blanche sur les pensions qui a recueilli plusieurs milliers de signatures.

La délégation du corps académique

Chères et chers membres d’UNIFRA,

Le moment est venu de vous informer de nos actions.

 Le 2 juin, notre note a été envoyée en format électronique et papier aux autorités de chaque université, à tous les ministres francophones du gouvernement fédéral, à la Ministre Elisabeth Degryse, au Ministre Adrien Dolimont, à la Ministre Valérie Glatigny, au Ministre Pierre-Yves Jeholet, aux présidents de tous les partis francophones, aux président(e)s des groupes politiques à la chambre, au gouvernement wallon et à la FWB.

La note a été traduite en néerlandais. Elle a été envoyée dans les deux langues en format électronique et papier au ministre des Pensions, Jan Jambon, et au Premier ministre Bart De Wever. Elle a été envoyée aux autorités et collègues des universités flamandes. Les Recteurs des universités flamandes l’ont lue attentivement et en ont discuté avec le groupe interuniversitaire d’actuaires des universités flamandes avec lequel nous travaillons.  

Notre travail a été fortement apprécié par tous les partis politiques,  plusieurs cabinets ont félicité UNIFRA pour son travail objectif, et les chiffres d’impact que nous avons calculés grâce à notre simulateur, au départ contestés, sont maintenant devenus les chiffres de référence en Belgique. Il est ainsi devenu clair, dans le chef des dirigeants, que l’impact de la réforme des pensions sera significatif et immédiat. Ce travail a également permis de casser l’idée que, vu que la réforme ajoutait une année supplémentaire chaque année dans le calcul du revenu de référence, ses effets seraient lents et qu’il ne faudrait s’inquiéter de la mise en place d’un second pilier que pour les jeunes générations.

Ces dernières semaines, nous avons vu et reçu des informations de la part du monde politique notamment de cabinet du ministre des Affaires étrangères et ancien président des Engagés Maxime Prévot, du Député Daniel Bacquelaine,  du Président des Engagés Yvan Verougstraete, du Président du Sénat Vincent Blondel, de la Ministre Vanessa Matz et de la Députée Isabelle Hansez. Nous rencontrerons le cabinet du ministre des Pensions le 25 août avec nos collègues actuaires flamands.  

Après discussion, analyse du rapport et intervention du CREF, voilà ce qui ressort :

·        La piste sur la table du gouvernement serait la mise en place “rapide” d’un second pilier. 

·      La désindexation serait limitée à cette législature, ne dépasserait pas 4 sauts d’index de 2% (soit 8%), Il n’y aurait qu’un seul saut de maximum 2% par an. En cas d’inflation supérieure à 2%, le plafond Wijninckx et les hautes pensions seraient indexés. 

·         la réglementation en vigueur qui prévoit de calculer la moyenne du salaire sur la durée effective de la carrière lorsque celle-ci est inférieure au nombre d’années pour obtenir une carrière complète (une note en bas de page essentielle dans le calcul de notre pension) serait maintenue. Il était en effet question de modifier cette réglementation. On nous a dit que ça ne serait pas le cas.

En particulier, nous sommes préoccupés par le fait que, d’après nos informations, il n’y aurait toujours pas d’engagement explicite et clair de la part du Fédéral 1) d’activer un second pilier dès 2027 et 2) de contribuer financièrement à ce second pilier; alors que ce soutien financier serait essentiel pour nos universités.  Nous souhaitons également que la réforme soit adoucie en prenant en compte certaines spécificités de la carrière des académiques. Nous sommes en contact quotidien avec nos collègues flamands afin de faire passer un message identique. 

Début juillet, nous avons produit un addendum à la note UNIFRA qui reprend nos demandes au monde politique. Cet addendum a été envoyé aux ministres francophones, au Président des Engagés et à celui du MR.  

Voilà tout ce que nous pouvons vous communiquer à ce stade au sujet des pensions. Nous faisons tout ce qui est possible en mesurant à chaque moment l’importance de l’enjeu. 

Nous sommes en communication journalière avec les Engagés et le MR. Nous restons attentifs à ce qui sera proposé et vous tiendrons au courant. 

Nous avons également interpellé le monde politique et rappelé l’importance du maintien de l’exonération du précompte chercheurs, de BelSPO et du WELRI. Il nous a été confirmé que l’exonération du précompte chercheurs pour les universités serait maintenue.  Nous restons cependant attentifs à ce que cela soit bien le cas.  

Bien cordialement, 

Pour le bureau UNIFRA:

Marilaure Grégoire, Professeure, Directrice de recherche honoraire du FNRS,   Université de Liège.

Pierre-Guillaume  Méon, Dimitri Leemans, Professeurs, Université libre de Bruxelles. 

Michel Crucifix, Professeur, Directeur de recherche honoraire du FNRS, UCLouvain

Anthony Cleve, Professeur, Université de Namur.

Marc Demeuse, Professeur, Université de Mons

Journée d’action nationale du 25 juin 

La délégation du corps académique exprime son soutien à la journée d’action nationale annoncée le 25 juin et souligne que les réformes envisagées – du financement des universités aux pensions académiques – affecteront les universités. 

Elle vous encourage à vous joindre au cortège et à sensibiliser nos étudiantes et étudiants aux enjeux des réformes à venir et vous propose le modèle de message ci-dessous. 

Bonjour à toutes et à tous,  

Une journée d’action nationale est prévue le 25 juin prochain. 

Les réformes envisagées concernent toute la société et les services publics. 

Les universités ne sont pas épargnées. 

Nous attirons votre attention sur l’importance de veiller à ne pas pénaliser les universités en réduisant leur financement et en dissuadant les jeunes chercheuses et chercheurs de s’engager dans une carrière scientifique et en nuisant au recrutement d’académiques à un niveau international. 

Nous pouvons être fiers de nos universités. Le maintien de leur qualité nécessite de les financer correctement. 

Bien à vous, 

Simulateur

Un groupe d’académiques de toutes les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles a programmé un simulateur qui permet à toutes et à tous d’évaluer comment ils seront affectés par la réforme des pensions en testant une série de scénarios.

A group of academics from all the universities in the Wallonia-Brussels Federation have programmed a simulator that allows everyone to assess how they will be affected by the planned pension reform by testing a series of scenarios.

https://lnkd.in/evKC8yve

Carte blanche

Si vous êtes inquiets au sujet de l’avenir des universités en Belgique, vous pouvez le faire savoir en signant et en diffusant la carte blanche initiés par des représentants des académiques de toutes les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

If you are concerned about the future of universities in Belgium, you can signal it by signing and distributing the opinion piece initiated by representatives of academics from all the universities in the Wallonia-Brussels Federation.

https://uni-fra.org

https://uni-fra.org

Grève du 31 mars 

La délégation du corps académique exprime son soutien à la grève annoncée le 31 mars et souligne que les réformes envisagées – en particulier la réforme des pensions – affecteront les universités.

Elle vous encourage à déplacer vos cours de lundi prochain et à sensibiliser nos étudiantes et étudiants aux enjeux des réformes à venir et vous propose le modèle de message ci-dessous. 

Message type 

Bonjour à toutes et à tous, 

En raison de l’appel à une grève interprofessionnelle des différents syndicats, notre cours de lundi prochain 31 mars est reporté afin de ne pas pénaliser celles et ceux qui ne pourraient pas se rendre sur le campus et vous permettre de participer la mobilisation si vous le souhaitez. 

Nous attirons votre attention sur l’importance de veiller à ce que les réformes envisagées ne pénalisent pas les universités en dissuadant les jeunes chercheuses et chercheurs de s’engager dans une carrière scientifique et en nuisant au recrutement d’académiques à un niveau international. Le maintien de l’excellence de nos universités implique de les financer correctement. 

Bien à vous, 

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cgsper.ulb.be – cgsper@ulb.be 

Stand up for Science @ ULB

En soutien à l’action Stand Up For Science aux États-Unis du vendredi 7 mars, la délégation du corps académique de l’ULB invite la communauté dans son ensemble à se mobiliser face aux menaces pesant sur les institutions scientifiques et universitaires.

Elle approuve l’appel Stand up for Science 2025 France et le communiqué du CREF repris ci-dessous.

Appel Stand up for Science 2025 – France

“Les sciences reposent sur un engagement collectif à faire de la recherche de la vérité un horizon commun. Leurs diverses disciplines, théories et méthodes concourent à éclairer la société, à surmonter les crises mais aussi à former les citoyennes et les citoyens à l’exercice de la démocratie comme pluralisme de rationalités en débat, par la transmission des savoirs et l’instruction des dissensus. L’une des conditions nécessaires pour la production et la transmission de la connaissance scientifique est la liberté et l’autonomie vis-à-vis de tout pouvoir.

Or, l’Université et la recherche font aujourd’hui l’objet d’attaques d’une ampleur inédite depuis la Seconde Guerre mondiale. L’offensive est particulièrement alarmante aux États-Unis, où les institutions de recherche, les agences de régulation, les droits civiques et les fondements mêmes de la démocratie sont mis à mal par l’administration Trump et le « Département de l’efficacité gouvernementale » (DOGE) de M. Musk. La solidarité internationale s’avère d’autant plus indispensable que de semblables menaces pèsent sur l’Europe.

En écho à la journée Stand-up for science initiée aux États-Unis, nous appelons à des actions de mobilisation (marches, rassemblements, colloques, présentations expérimentales, etc.)  le 7 mars, dans chaque ville universitaire de France. L’objectif est clair : défendre les sciences et les humanités, la liberté académique et l’Université comme piliers d’une société démocratique.”

Communiqué du Conseil des rectrices et recteurs (CRef) du 3 mars 2025

Les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles soutiennent l’initiative « Stand Up for Science »

« Dans la continuité de son communiqué du 20 février dans lequel il faisait part de son inquiétude quant aux attaques menées contre la science aux Etats-Unis et de sa solidarité vis-à-vis des institutions et des scientifiques affectés, le Conseil des rectrices et recteurs des universités francophones de Belgique soutient pleinement la marche pour les sciences qu’organise le collectif « Stand Up for Science » le 7 mars 2025.

Le CRef se rallie tout autant à la lettre ouverte aux scientifiques et universitaires des Etats-Unis (lettre coordonnée par la American Psychological Association), qui affirme un engagement indéfectible au service de la quête scientifique, impliquant de défendre et protéger son intégrité, son autonomie et son objectivité, mais aussi ses ressources et son financement. »

Articles sur le même sujet:

Liberté académique et démocratie en péril : comment un prix Nobel de la paix pourrait les défendre (The Conversation France)

Stand Up for Science France : « Pourquoi je me mobilise » (The Conversation France)

Des économies sur les universités ne sont pas des économies

Pour notre prospérité, nos universités doivent pouvoir attirer les meilleurs talents.

par les membres de la délégation académique :

Jean Luc De Meulemeester, professeur d’économie à la Solvay Brussels School of Economics and Management (ULB)

et

Pierre-Guillaume Méon, professeur d’économie à la Solvay Brussels School of Economics and Management (ULB)

lien vers l’article de la Libre

La Belgique est une petite économie ouverte, aujourd’hui dépourvue de ressources naturelles. Comme elle fait partie des pays les plus développés et riches – son PIB par habitant la place dans le top 20 mondial – le coût du travail y est élevé. La recherche de ces trente dernières années sur les déterminants de la croissance a montré comment l’innovation et l’éducation, l’enseignement supérieur en particulier, jouent un rôle central dans une économie qui, comme la nôtre, se trouve à proximité de la frontière technologique.

Concrètement, durant les Trente glorieuses, les pays européens étaient des pays d’imitation, relativement éloignés de la frontière technologique représentée par les Etats-Unis. Dans ce cadre, les politiques de participation massive à l’éducation secondaire menées jusqu’aux années 1960 étaient optimales. L’économie était demandeuse de qualifications moyennes. A partir des années 1970-80, les économies européennes ont réalisé leur rattrapage. Maintenant qu’elles sont à la frontière technologique, l’imitation n’y est plus pertinente. Ce sont les activités de recherche et développement, la recherche de pointe, qui permettent d’améliorer les conditions de vie. Ces activités exigent un niveau de compétence élevé.

C’est là que les universités jouent un rôle central en transmettant les connaissances et les compétences, en en développant de nouvelles et en permettant l’innovation par leurs activités de recherche. Ce n’est pas un hasard si c’est à la fin des années 1990 que les états européens ont entrepris d’adapter leurs systèmes d’enseignement supérieur par les réformes de Bologne. La Commission européenne, suivant les intuitions du rapport Sapir (2003), a voulu faire de l’Union européenne une économie de la connaissance compétitive et poussé les états membres à investir 3% de leur PIB dans la recherche. Ces objectifs n’ont malheureusement pas été atteints par tous les états. Aujourd’hui, le rapport Draghi constate le retard de l’UE sur les Etats-Unis en termes de revenu, de productivité et dans les nouvelles technologies.

Mais attention, les compétences scientifiques de premier plan sont rares et les pays du monde entier se les disputent. Nos universités ne produiront une recherche de qualité qu’en attirant et retenant les chercheuses et chercheurs les plus doués, dans un contexte où le parcours pour accéder à la profession est devenu particulièrement dur. Il passe par une longue période de formation pendant laquelle la mobilité internationale est centrale. Un candidat à un poste académique doit préparer sa thèse dans une institution prestigieuse pour obtenir son doctorat, accumuler les publications de premier plan et souvent enchainer des contrats postdoctoraux courts et précaires, typiquement à l’étranger. L’âge d’entrée dans la profession académique a augmenté, pour facilement atteindre le milieu de la trentaine voire la quarantaine. Les possibilités de cotiser à des caisses de retraite nationales sont limitées.

Or, pour passionnés par leur travail qu’ils soient, les chercheuses et les chercheurs sont des gens comme les autres. Ils réagissent aux offres qui leurs sont faites. Dans le domaine de la recherche, le choix est large et les avantages relatifs de chaque carrière sont soupesés par les candidats, pour choisir leur discipline, pour décider de rester dans la recherche ou de rejoindre le privé, et pour choisir leur université.

C’est dans ce cadre qu’il faut penser à la qualité et à l’attractivité de nos universités. C’est en proposant des conditions de recherche et d’enseignement favorables qu’on attirera les candidats. Et, si elles ne sont pas forcément le seul moteur des candidats, on ne peut nier le rôle des rémunérations. Les employeurs privés l’ont bien compris, qui mettent en place des politiques de GRH optimisées mêlant conditions de travail attractives, avantages en nature comme les voitures de société, et plans de rémunération et de retraite, auxquelles les académiques belges n’ont pas accès. C’est dans ce contexte qu’il faut évaluer les spécificités des carrières académiques avec un statut tardif mais stable – la « tenure » – et une prise en compte accélérée des droits à la pension. Faute de refinancement de l’enseignement supérieur et si on devait davantage dégrader le système des pensions académiques déjà revu à la baisse en 2011, dans un pays où les académiques ne sont pas les mieux payés au plan international, on risquerait de voir les meilleurs cerveaux aller contribuer au développement des pays qui sauront se rendre attractifs ou envisager d’autres types de carrière moins porteurs de croissance économique sur le long terme. A moyen terme, nous en payerions toutes et tous les conséquences.